Photo de l'article sur l'histoire de Anouck Rivière Jerôme, la fondatrice de Rheso.Tech

De la recherche au recrutement, mais comment j’en suis arrivée là ?

Je pense que, même si l’on ne choisit pas toujours sa carrière, on ne fait jamais d’erreur de parcours. Quand je vois ma propre expérience, rien n’indiquait au départ que travaillerais dans le recrutement et pourtant, à bien y regarder, le cheminement que j’ai suivi est loin d’être incohérent.

Lorsqu’au lycée vient le moment de s’orienter vers une carrière, il est rare de savoir où l’on va. L’idée que l’on se fait du monde professionnel correspond à une réalité approximative et idéalisée.

Quand on est jeune, on rêve de devenir pilote de ligne, pas responsable régional d’un cabinet de recrutement et c’est bien normal !

Je suis convaincue qu’une première phase de la vie professionnelle est une étape nécessaire, tout autant que les expériences qui suivront … Et si finalement on ne s’attarde pas dans la voie initialement choisie, cette expérience n’est jamais vaine.

A travers ma propre histoire, je vous illustre ici pourquoi …

Une carrière toute tracée ou presque …

Alors que j’étais encore lycéenne, mon premier choix d’orientation s’est tourné vers le métier d’ingénieur de recherche. Cela correspondait parfaitement à ce que j’étais et ce que j’aimais à l’époque. Au-delà de répondre à mon intérêt pour la science, c’est un métier pragmatique et concret qui nécessite beaucoup de réflexion, ce qui concordait en tous points avec mes aspirations du moment.

Je me suis donc dirigée vers une école d’ingénieurs en physique des matériaux, avec une formation orientée vers les semi-conducteurs.

A l’issue de ma formation, faute de trouver immédiatement du travail dans l’entreprise de mes rêves, et après avoir effectué des stages dans divers labos de recherches en Floride et à Toulouse, j’ai décidé de poursuivre mes études par un doctorat suivi d’une soutenance de thèse, en collaboration avec Motorola. Ces derniers m’ayant fourni tous les échantillons pour réaliser mes recherches.

Ce travail était idéal pour moi puisqu’il me permettait d’allier mon intérêt pour la recherche et mon attrait pour le monde de l’industrie.

Parallèlement, j’ai pu faire des vacations en tant qu’enseignante à l’INSA et être enseignante en travaux pratiques, ce qui fût très enrichissant.

Finalement, c’est au bout d’un an et demie qu’une première et belle opportunité de poste s’est présentée à moi et m’a permis de démarrer en tant qu’employée chez Motorola, avec une journée par semaine consacrée à mes recherches en laboratoire. C’était la formule parfaite à mes yeux : un pied dans la recherche et l’autre dans le monde de l’industrie.

Mais au bout de 5 années à occuper ce poste idéal, j’ai de plus en plus ressenti les contraintes de production et de productivité qu’il imposait.

J’avais de moins en moins de temps pour étudier  les problèmes racines de « mes puces » et au final, c’était les stagiaires que j’encadrais qui se chargeaient des travaux de recherche. Je devais pour ma part me concentrer sur des tâches transverses qui m’intéressaient nettement moins.

Un parcours atypique mais plutôt cohérent

Puis une nouvelle opportunité s’est présentée : on m’a proposé un nouveau poste en gestion de crise qualité pour faire l’interface avec nos clients qui rencontraient des problèmes avec nos produits. Si, de par l’aspect technique, cela restait en lien avec mon travail d’origine, c’est un nouveau métier que je découvrais, avec plus de responsabilités, de communication et de rencontres extérieures. Cette expérience m’a permis de croiser plein d’univers passionnants qui ont un peu changé mon regard sur le monde, et surtout m’a révélé certaines de mes qualités profondes.

Finalement, je réalisais que le métier d’ingénieur me correspondait mieux au début de ma carrière, alors que j’étais plus timide .

Alors que mon entreprise traversait 4 plans sociaux, j’ai commencé à réfléchir à l’évolution de ma carrière et à ce que je voulais vraiment.

Au cours de cette expérience chez Motorola, j’ai compris que j’aimais la technique, mais que j’aimais aussi raconter des histoires… dans le sens noble du terme, vulgariser, rendre compréhensible à autrui « mon univers technique ». Le marketing technique s’est imposé à moi comme le moyen parfait d’associer ces deux aspects.

C’est à ce moment-là que j’ai commencé à travailler dans une SSII.

L’avantage avec ce type de structures, c’est qu’ils te donnent ta chance et pour moi ça a été un formidable tremplin pour me lancer vers de nouveaux horizons.

Je voulais exercer un métier qui nécessite de comprendre l’attente de mon client sur des problématiques technologiques, pour lui proposer des offres adaptées. Avec cette SSII, j’ai pu revêtir de nombreuses casquettes tels que directrice marketing et technique, directrice de projets, responsable d’appels d’offres (ou bid manager) pour enfin devenir commerciale de projets au forfait.

Cette expérience m’a énormément appris ; pour chaque nouveau client, j’avais un nouveau sujet à explorer.

Pour moi, c’était quasiment de la recherche puisque cela demandait une vraie curiosité et une capacité à apprendre très vite. Quelque part, il fallait être ingénieur dans le sens “ingénieux”, pour aller chercher les bonnes réponses et les bons techniciens pour les mettre en oeuvre. Je trouvais là une certaine adrénaline qui me manquait dans la recherche. Au final, cela correspondant bien à ce que j’étais dans ma vie à ce moment précis.

Puis vint le moment où j’ai eu envie d’aller plus loin et de créer mon bébé.

Mais j’avais une certaine appréhension à l’idée de me jeter dans le bain et d’avoir ma propre structure. Et puis la vie à fait que « les planètes se sont alignées », c’est alors que j’ai décidé de créer un cabinet de recrutement spécialisé, qui allierait mes deux passions, l’humain et la technologie . C’était l’occasion rêvée que j’attendais et avec mon associé nous avons fondé la première entité de RHESO.TECH à Toulouse.

Aujourd’hui, je retrouve ce schéma qui m’a toujours plu : un client qui arrive avec une problématique et pour qui je vais devoir trouver la meilleure solution, aussi bien sur le plan technique que sur le plan humain. Et pour moi qui suis arrivée à une étape de ma vie où l’aspect humain est devenu essentiel, je me sens parfaitement bien là où je suis. 

Finalement je suis restée fidèle à mes valeurs de départ : être curieuse, comprendre ce que fait l’autre et toujours garder un lien avec cet univers technologique qui me passionne.

La conclusion de cette histoire ?

Je pense qu’il faut rester serein lorsque l’on choisit sa première orientation, car au final, une carrière est une somme de décisions et avec le recul, on s’aperçoit qu’on a finalement toujours fait la même chose.

Ce qui est important, c’est de se demander quelles sont ses forces et de capitaliser dessus en cherchant un métier où elles seront valorisées. Le développement vient ensuite avec l’expérience.

Dans mon cas, ça a été la découverte de mon goût pour la communication puis plus globalement pour l’aspect humain, qui est devenu indispensable.

Avant de chercher un métier, je pense qu’il faut chercher ce qu’on aime faire en gardant à l’esprit qu’on ne peut pas tout vouloir tout de suite, que les choses viendront naturellement avec le temps. La seule ligne directrice à suivre est d’avoir confiance en ses atouts et d’y rester fidèle dans ses choix. Enfin, parce que rien n’est jamais linéaire, il faut accepter d’évoluer et surtout s’ouvrir aux opportunités en acceptant parfois de lâcher prise et de faire des grands sauts.

Aujourd’hui,  je croise dans le centre d’affaires où j’ai installé mes bureaux mes anciens N+1 et N+2, devenus consultants indépendants !

C’est avec beaucoup d’émotion que je revois des années plus tard ceux qui m’ont recrutés à l’époque, et qui ont maintenant cette belle envie de former et de partager leur expérience à travers le consulting. C’est une très belle manière de conclure une carrière à mes yeux. J’espère pouvoir faire pareil à leur âge et continuer ce que j’ai toujours fait : essayer de comprendre l’autre et sa problématique et lui apporter des solutions avec pédagogie. Ainsi, j’aurai fait le même métier toute ma vie finalement …

Et pour vous quelle est l’étape suivante ?

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